UNINVITED FILM FESTIVAL
INTERNATIONAL FILM FESTIVAL IN PARIS



Locarno Film Festival 2008
Interview de Frédéric Maire
Directeur artistique du Festival de Locarno
par Javad Zeiny



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"Locarno a cette volonté de découverte. Il faut donc toujours être à la recherche de films, on ne peut pas rester dans un bureau. Il faut aller les chercher, voyager beaucoup, rencontrer des gens. C'est un travail assez lourd mais qui demande en même temps une fraîcheur de regard assez importante. Il ne faut pas faire ça pendant trop longtemps. J'avais toujours pensé faire 5 ou 6 ans maximum. On m'a proposé de faire de l'intérim jusqu'à l'arrivée du nouveau directeur. 4 ans c'est un peu court et même temps j'espère avoir réussi à imprimer un peu ma marque. J'essaierais ensuite de répondre à un autre défi tout aussi passionnant". Frédéric Maire


Javad Zeiny : Quel est la marque du festival de Locarno ?

Frédéric Maire : C'est d'affirmer sa volonté de découverte par rapport à l'expression cinématographique, à ces cinéastes dont on a l'impression qu'ils ont un vrai discours de cinéma novateur et qui cherchent de nouvelles formes d'expressions. C'est pour ça que l'on a ce que j'appelle le festival de jour, c'est à dire la compétition internationale, qui permet de découvrir des cinéastes important et confirmés, qui ont un réel potentiel dans la salle de cinéma. Et d'un autre côté, on présente dans la compétition des cinéastes du présent, des oeuvres un peu plus difficiles, moins commercialisables mais qui sont l'expression de vrais expériences cinématographiques majeures.

JZ : Comment se fait la sélection des films ?

FM : On partage tous la même volonté de faire parler du festival mais avec des sensibilités légèrement différentes. Il peut m'arriver de choisir certains films pour la sélection officielle, même si moi même je ne suis pas un défenseur acharné mais parce que des camarades m'ont convaincus par de bons arguments du bien fondé de ce choix. J'accepte une vision ouverte par rapport aux choses. En général, il y a très rapidement une unanimité dans le choix des films. Là où il y a une différence c'est là où justement le travail s'installe. C'est trouver un équilibre entre les différentes sélections, mettre les films au bon endroit.


JZ : Est ce que la situation politique peut jouer un rôle dans la sélection/programmation ?

FM : Je pense que le festival ne doit pas être un message politique, mais les films eux mêmes peuvent en avoir un. Nous présentons un film italien sur les brigades rouges, « Il sol dell'avvenire ». Autre exemple, on présente un film chinois à la fin du festival, qui est un film critique par rapport à la société chinoise où il existe une certaine misère sociale sous un régime communiste. Nous avons volontairement choisi de ne pas le présenter le jour de l'ouverture des jeux de Pékin. Ça aurait été mal interprété. Le présenter le jour de l'ouverture des jeux serait un geste politique. Le festival ne doit pas prendre de position politique, il présente des oeuvres, l'expression de cinéastes. Si un film moralement, politiquement, intellectuellement me choque je ne le sélectionne pas. Par contre, je défends l'entièreté de la sélection. Je ne veux pas que la sélection ou le festival soit porteur d'un discours politique. Ce sont les oeuvres et les cinéastes qui peuvent en voir un, pas le festival.


JZ : Pourtant n'a t-on pas l'impression pourtant que le Festival de Locarno a une tendance à être un festival de gauche ?

FM : Oui, peut être... Le cinéma en lui même, dans toute son histoire, a toujours été de gauche en terme politique. Quand on va en France, en Italie, aux États Unis... c'est la nature même du cinéma. La réalité même du cinéma est plutôt à gauche. Néanmoins, si un film catholique, de droite me paraît intéressant, je ne vais pas ne pas le sélectionner.


JZ : Si les enjeux politiques ne sont pas importants, est ce qu'on ne trouve pas que des films à discours négocié, prévus à l'avance ?

FM : Les films que nous choisissons sont des films qui sont l'expression d'un véritable talent de cinéma, de quelqu'un qui a un vrai discours à porter en terme de cinéma, donc quelqu'un qui pose un débat ou plusieurs questions avec un rapport au cinéma très fort. Le meilleur exemple est ce film mexicain « Parque via » qui à travers cette histoire toute simple d'un homme, employé de maison, qui s'isole de la vie extérieure. On a un film avec un contenu politique très fort sur cette société, sur les différence de générations, d'ethnies, sur le racisme, la violence... C'est un film sociologiquement et politiquement fort mais que nous choisissons d'abord parce que son cinéaste choisit des moyens de raconter ça de manière intéressante et moderne. Le choix se fera toujours sur les qualités cinématographiques et artistiques de l'oeuvre, jamais sur son contenu.


JZ ! Avant de venir ici, j'ai croisé Godard à la gare St Lazare et je lui ai demandé s'il serait à Locarno cette année. Il m'a sourit et m'a dit « pas vraiment, Locarno ce n'est plus ce que c'était il y a 20 ans ! ». Quand pensez vous ?

FM : Godard n'est pas venu à Locarno depuis... il faudrait vérifier...


JZ : Je crois que la dernière fois c'était avec Marco Muller.

FM : C'était quand le festival lui a remis le Léopard d'honneur, depuis il n'est jamais revenu. Il a été invité régulièrement, mais il a choisit lui même de ne pas revenir. En plus ce n'est pas quelqu'un qui court les festivals. Mais il est évident que c'est quelqu'un dont, si je pouvais présenter les oeuvres, je le ferais immédiatement. D'ailleurs je crois que l'ensemble de ces oeuvres ont été déposées à la cinémathèques suisse. Je crois que là où Godard a raison c'est que c'est le cinéma qui a changé pas le festival. C'est une réalité du cinéma où l'influence du commerce, de l'argent, a une importance toujours plus grande. Mais par exemple, le cinéaste Siegfried disait que c'était formidable d'avoir un lieu comme Locarno parce que sans ça, il ne pourrait pas montrer son film. Il s'agit d'un film poème, sans parole de 2h15, difficilement commercialisable. Tout le monde en a peur, parce qu'on ne sait pas quoi en faire. Locarno permet de donner à voir ce genre de film. Ce n'est pas par hasard si le 1er film qui a ouvert la sélection des cinéastes du présent est le film de Vincent Dieutre. On défend un cinéma extrêmement radical et j'admire ces cinéastes qui cherchent à renouveler leur art, inventer des formes de cinéma comme Vincent Dieutre. Et je crois que finalement Godard se trouverait bien à Locarno.


JZ : Est ce que vous pensez que le festival a un rôle à jouer pour changer la situation du cinéma actuelle ?

FM : On peut espérer qu'il y ait des conducteurs. Les films comme ceux de Kobayashi Masahiro sont de bons exemples parce que, même si ce sont des films risqués, pas bankable, il se peut toujours qu'il y ait un acheteur qui soit intéressé. Parfois il se passe quelque chose et quelqu'un décide de prendre le risque de le diffuser. L'important pour un film c'est d'être vu. Le festival est le premier endroit où le film est vu. Si le festival a le courage de montrer des films vraiment difficiles ça peut provoquer une suite. Pas seulement auprès des acheteurs de cinéma, mais aussi auprès des diffuseurs de TV ou d'autres festival. Au pire, un film même s'il n'est pas acheté, peut faire ensuite une tournée des festivals et être au moins vu au sein des festivals. Souvent certains festivals sont la dernière chance pour un cinéma un peu difficile de se montrer.


JZ : Vous avez parlé de courage, qu'est ce que vous entendez par courage ?

FM : Je parle de courage dans la programmation. Nous avons la chance d'avoir un public qui nous suit, et des acheteurs et journalistes qui nous suivent. C'est le courage de programmer des films qui sont radicaux, difficiles, qui peuvent troubler, et de les montrer. Je sais qu'il y a d'autres manifestations où on dit « c'est trop difficile je ne peux pas le programmer ». Moi ça ne m'intéresse pas, même si le film est difficile mais fort nous le présenterons. Si un film de 5h qui est formidable, on le présentera même s'il fait 5h. Le film de Fitoussi que l'on présente dans les cinéastes du présent est un film de 3h30. Nous sommes très honoré que Fitoussi ait accepté notre invitation. Nous avons choisit de défendre des films même difficile.


JZ : Est ce qu'il s'agit aussi d'un courage du point de vue politique. C'est à dire que même si ça dérange les chinois, on présente le film...

FM : On peut le dire aussi... On peut aussi prendre l'exemple puisqu'il a été objet de polémique, du film que nous avons présenté hier « Il sol dell'avvenire » de Gianfranco Pannone. C'est un film qui cherche à expliquer l'origine historique des brigades rouges en Italie. Il montre le lien entre la résistance italienne communiste qui s'est sentie flouée après la guerre avec l'arrivée de la démocratie chrétienne, et les fils de résistants qui ont en quelque sorte repris les armes contre un système auquel ils ne croyaient pas. Ce qui explique la naissance de ce mouvement. C'est un film extrêmement bien documenté, bien fait, intelligent, qui pose les bonnes questions sans faire l'apologie de la violence. Ça nous a valu indirectement une grosse critique du ministère en Italie car, selon eux ce film faisait l'apologie des brigades rouges, et ne montrait aucune repentance envers les victimes des brigades rouges. Là c'est un courage politique de présenter ce film. Pourtant ce film n'est pas amorale, il est juste politiquement, historiquement dans ce qu'il doit nous donner comme information. On peut dire qu'il y a une forme de courage politique dans certain choix si le film a un contenu politique. Mais c'est aussi historique, « Salo, ou les 120 journées de Sodome » de Pasolini a été présenté à Locarno avant de l'être en Italie.


JZ : Qu'est ce vous répondez à certain critique qui disent que le festival de Locarno est en train de devenir un festival de bobo ?

FM : Je n'ai jamais trop compris cette expression... les bobos font partie de la société d'aujourd'hui, donc c'est normal qu'on en ait à Locarno. Avant tout le festival de Locarno est un festival de jeunes qui ne sont absolument pas bobo. Je suis toujours frappé de voir des parisiens arriver en masse voir des films alors que Paris est le lieu où l'on peut voir le plus de film dans le monde ! Moi ça me fascine ! C'est bien la preuve que le festival n'intéresse pas spécifiquement les bobos. Au contraire c'est un festival qui a su rester jeune dans son esprit et dans son public. Mais il a aussi des gens de 80 ans qui viennent au festival, qui veulent voir autres choses, différent de ce qu'ils voient en salle en ville. Je n'ai pas l'impression qu'il y ait une typologie particulière de spectateurs à Locarno.


JZ : De manière générale, de la part de ceux qui ont pu assister au festival de locarno de manière régulière depuis longtemps, ils ont vu à chaque fois des changements. Est ce que vous pensez qu'il s'agit de quelque chose de positif ?

FM : Je ne trouve pas qu'il y ait eu de grand changement. Je pense qu'il y a eu une révolution du festival au niveau de la croissance, mais moi je me reconnais parfaitement dans le travail que Marco Muller a fait dans les 9 ans où il a été à la tête du festival. J'ai travaillé avec lui, j'étais un des programmateurs de son équipe. Au contraire, je respecte son enseignement tout comme je respecte celui de Freddy Buache dans les années 60. J'ai l'impression d'une continuité permanente. Et si il y a du changement c'est que c'est une forme d'adaptation par rapport à la réalité de l'évolution du cinéma et au besoin que le cinéma engendre. Par exemple, il y a 20 ans, personne n'aurait imaginé faire un Locarno « open doors » où l'on ouvre un laboratoire de coproduction avec des pays en voie de développement. On essaye de mettre en place de nouveau projet. A l'époque ce n'est pas le genre de choses que l'on faisait dans les festivals. Maintenant la chose a évolué et c'est nécessaire que les festivals le fassent. Locarno le fait à sa manière avec ces « open doors » qui a un succès croissant et qui est en train, je crois, de s'imposer comme un événement important au vu du nombre de producteurs présents et de l'intérêt suscité cette année.


JZ : Comment vous voyez l'avenir du festival de Locarno ?

FM : C'est difficile... Je pense qu'il ne faudrait pas qu'il perde son ADN, son esprit, sa découverte de jeunesse. J'aime son côté un peu rebelle, impertinent. Être capable de présenter un film sur les brigades rouges et le même soir avoir 20 minutes de concert techno sur Piazza Grande après la projection du film. Une existence de festival où tout le monde peut y participer. Comment je le vois, je ne sais pas, mais comment je voudrais qu'il soit ce serait de ne pas perdre l'idée que c'est un festival public, où les professionnels sont là en masse et où on leur donne la possibilité de présenter leur travail. Un festival de cinéastes : la première personne pouvant défendre le cinéma est le créateur, l'auteur, celui qui porte le discours. Après il y a des évolutions technologiques qui vont avoir cours par rapport au technologie de diffusion, étendre le cinéma à différents supports. On devrait développer les accès et diffusions internet aussi. Le festival va forcément évoluer. S'il continue sur la voie sur laquelle il est lancé, qui est une voie qui impose d'être relativement moderne et à l'écoute de ce qui est en train de se passer, je pense que peut être le festival devrait devrait permettre une diffusion majeure des oeuvres en collaboration avec les auteurs. Les gens ont toujours envie de venir voir les films ici dans l'atmosphère du festival. Mais permettre à ceux qui n'ont pas la possibilité de venir, de voir les films une fois le festival terminé, directement chez eux en le téléchargeant.


JZ : Vous pensez alors que c'est plutôt positif les technologies ?

FM : Moi je pense que, surtout par rapport aux oeuvres difficiles, le problème pour ces oeuvres là, ce n'est pas la protection. La protection des oeuvres c'est important, sinon on ne peut pas faire de film. Mais justement les nouvelles technologies permettent vraiment une diffusion plus grande. Moi je me fiche pas mal qu'un film difficile soit vu dans une salle de cinéma ou sur un ipod...


JZ : Vous avez envie de déranger...

FM : Non, je pense que c'est important qu'un film soit vu. Même si quelqu'un le voit dans de mauvaises conditions sur un téléphone portable ou un écran d'ordinateur, pour moi il l'a vu. Je préfère que le film soit vu, plutôt qu'il soit vu seulement dans un festival de cinéma ou une salle de cinéma. Pour moi l'important c'est l'accessibilité à l'oeuvre et non pas que l'oeuvre soit protégée, inaccessible.


JZ : Un dernière question, par rapport à Abbas Kiarostami, il y a une certaine critique en Iran, on dit qu'il s'agit de film festivalier, fait pour les étrangers. Vous ne pensez pas que le festival de Locarno ou d'autres s'arrêtent sur certaines idées précises d'un pays ?

FM : Je ne sais pas, je ne peux pas préjugé des 1ères sélections des films de kiarostami au moment où le festival a commencé à présenter des films iraniens parce que je n'étais pas encore sélectionneur à ce moment là. Ce que je sais c'est que quand moi ou nos correspondants sont allés à Téhéran, nous avons vu un certain nombre de films. Et les films qui nous ont paru les plus intéressant étaient ceux là. Je n'ai pas l'impression que ces films ont été fait spécifiquement pour un public occidental, étranger ou non iranien. Je pense que « once day... » en est un bon exemple parce qu'il se base sur une tradition iranienne extrêmement forte. Mais finalement son sujet peut être valide en Iran comme ailleurs. Ce qui ne veut pas dire qu'il s'agit d'un film fait pour l'exportation. Il est simplement juste un bon film, et c'est ce qui m'intéresse.


JZ : Le festival de Locarno encourage t'il plus que d'autre les films venus de pays dit « en voie de développement » ?

FM : Ni plus ni moins que d'autres, je suis très content d'avoir un film péruvien « Interior Bajo Izquierda ». Je pense qu'il y a une planète cinéma avec des films intéressants et des films moins intéressants. Moi je montre des films intéressant. Si je devais passer que des films autrichiens parce que c'étaient les seuls intéressants, je ne passerais que des films autrichiens. S'il devait être iranien, ce serait des films iraniens. Ce qui m'intéresse ceux sont les oeuvres. Un festival ne doit pas être un Atlas de géographie, ni un atlas des pays en développement, juste un festival de cinéma. Après c'est vrai qu'à travers la DDC (Direction du Développement et de la Coopération) qui nous permet de faire les open doors nous travaillons plus spécifiquement sur les pays en voie de développement au niveau du cinéma. On découvre de nouveaux talents et on défend les nouveaux territoires de création qui sont souvent des pays en voie de développement. Historiquement Locarno a toujours fait beaucoup plus que d'autre à ce niveau là parce qu'il est toujours plus facile de présenter un film français qui a une grosse structure derrière lui qu'un film uruguayen. C'est pour ça que notre travail est aussi d'aider le bon film, de l'aider à trouver des moyens. Je ne vois pas ça comme le fait d'être un festival qui « défend le tiers monde ».


JZ : Pensez-vous que les cinéastes ont encore un rôle à jouer dans le festival ou que cela se passera via les nouvelles technologies ?

FM : Concernant Locarno, je pense que l'avènement des nouvelles technologies tend à supprimer un certain rapport direct, on perd du naturel en s'exprimant par webcams interposées. C'est très virtuel. Je pense que c'est important que le festival préserve ce qui est son âme : le contact direct avec le public. Parce que très franchement, l'amour virtuel ne remplacera jamais l'amour physique, c'est la même chose avec le cinéma.


JZ : Est ce que ça vous est arrivé de sélectionner un film et après la projection de le regretter ?

FM : Jamais, j'assume entièrement la programmation. Je ne vais jamais me défausser sur un film qui ne va pas marcher, qui n'a pas été apprécié. Ça nous est arrivé que des cinéastes dont on a présenté le film et qui ont été totalement ignoré, restés dans l'anonymat ou fortement critiqués, se sont révélés 10 ans plus tard des talents extraordinaires. On oublie que les premiers Rohmer, Chabrol (« Le beau Serge ») ont été présenté à Locarno. Ce sont des cinéastes qui n'ont même pas remporté de prix à l'époque mais qui se sont imposés ensuite comme des cinéastes majeurs.


JZ : Un dernier mot pour les cinéastes iraniens par exemple ?

FM : Continuez à faire de bons films comme vous avez envie de les faire, en essayant de penser d'abord au cinéma, en essayant de faire passer une idée à travers les moyens du cinéma et pas en essayant de copier les codes hollywoodiens et télévisuels.


JZ : Est ce que c'est pour cette raison qu'il y a peu de films iraniens cette année ?

FM : Non il n'y a pas beaucoup de films iraniens, l'année passée non plus, il y en avait qu'un. C'est très théorique mais je pense qu'au cinéma il y a des cycles. A un moment donné ou dans certaines régions du monde, il y a un groupe de cinéastes qui travaille beaucoup et il y a 4 ou 5 cinéastes majeures qui vont faire des films, et qui pendant 4 ans vont être au centre de l'attention. Puis, pendant 4 ans ils vont se reposer un peu, préparer de nouveaux films. Tout d'un coup pendant quelques années il n'y a plus rien et puis ça recommence... Je prends toujours l'exemple de l'année dernière. On avait 4 films québécois en sélection officielle. Cette année il n'y en a qu'un. C'est un cycle. Je ne me fais pas trop de soucis par rapport au cinéma iranien.