UNINVITED FILM FESTIVAL
INTERNATIONAL FILM FESTIVAL IN PARIS

Interview du réalisateur
Frédéric Desager
par Javad Zeiny



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Sur la ligne

de Frédéric Desager VO anglais et français, sous-titré anglais / production Films Camera Oscura/ Canada, Québec/ 15'

 

Territoire réserver, un malentendu entre touristes français et jeunes autochtones dégénère, après l'arrivée de deux policiers (québecois et autochtone) sur les lieux. Sur la ligne dénonce les problèmes de racisme et d'intolérance entre autochtones, québécois et touristes avec humour et tragique.


Votre film se passe à la frontière d'un territoire réservé amérindien et dénonce le racisme de façon comique et en même temps tragique. Avez vous choisi cet exemple pour parler d'un problème universel ou simplement territorial ?

Le film est une tentative satyrique de traiter du problème de la non-communication entre les peuples, et surtout entre les communautés qui vivent parfois à quelques kilomètres les unes des autres en ignorant tout de l'autre. Je crois que les relations avec l'autre souffrent de cet état de fait, au Canada comme partout dans le monde. D'ailleurs ce film a été pour moi le moyen de traiter d'un sujet dont certaines racines remontent à mon enfance. Étant belge d'origine, de père flamand et de mère francophone, je vivais dans une petite ville où les deux communautés linguistiques cohabitaient pour le meilleur et surtout pour le pire.


On dit que le Canada est un pays multiculturel. Croyez-vous qu'il puisse être un modèle en ce qui concerne la tolérance ou il doit encore faire de nombreux progrès ?

Je crois que le Canada est un pays très tolérant, mais il fait face comme la plupart des pays à des dissensions qui remontent à bien loin dans son histoire et qui, par un manque de dialogue et de rencontre, continuent à alimenter les conflits. Les progrès sont en marche, je crois que la balle est dans le camp des jeunes générations de chaque communauté, et j'ai l'impression qu'ils ont fort envie de relever le défi de se parler. Si mon film suscite l'envie de discuter, tant mieux, c'est à mon sens un des rôles importants du cinéma. Cela dit, je n'ai pas fait ce film dans un but didactique, il ne faut pas oublier qu'il s'agit d'une comédie et dans ce sens, bon nombre d'aspects sont poussés dans le film à des fins d'éfficacité narrative. Mais si, une fois les rires éteints avec la fin de la projection, un questionement, une réflexion demeure, un autre objectif de ce film aura été atteint. Et si mon film suscite l'envie de discuter, tant mieux, c'est à mon sens un des rôles importants du cinéma. Cela dit, je n'ai pas fait ce film dans un but didactique, il ne faut pas oublier qu'il s'agit d'une comédie et dans ce sens, bon nombre d'aspects sont poussés dans le film à des fins d'éfficacité narrative. Mais si, une fois les rires éteints avec la fin de la projection, un questionement, une réflexion demeure, un autre objectif de ce film aura été atteint.


Est-ce que le cinéma peut s'engager dans un débat politique sur la question du racisme ?

Je crois que le cinéma fait déjà largement sa part, mais je crois aussi qu'il ne faut pas lui imposer de mandat politique. Un cinéaste réussit généralement un film quand il est animé par une histoire, des personnages, un scénario, une vision cinématographique, je ne pense pas que ce soit la prise de position qui soit le moteur principal, à part peut-être pour quelques exceptions.